Le témoignage que je m’apprête à vous livrer
concerne un très gros problème de société,
à l’échelle planétaire.
Il s’agit des troubles alimentaires
et du culte de la maigreur.
C’est un double, voire triple sujet qui fait peur,
car oui, tout y est intrinsèquement relié
et cela comporte, de surcroît, d’importants enjeux financiers.
Lesdits enjeux ne nous sont pas dissimulés ;
non, mais des publicités mensongères détournent la vérité.
Pourtant, les témoignages de femmes abusées/désabusées abondent
des quatre coins du monde !
Pour ma part, quand je suis angoissée,
je cesse de manger.
L’inverse peut aussi arriver,
c’est-à-dire outre-manger.
Fatalement, j’ai fini par m’interroger,
histoire de m’équilibrer.
D’abord, pour tenter de régler le problème,
je me suis posé des questions sur moi-même :
sur mon enfance,
sur ma vie en France,
sur ma vie au Canada.
Et tout le tralala.
Puis, ensuite, je me suis demandé qui m’aime / ne m’aime pas,
pourquoi
et, enfin, ce que ça changeait réellement pour moi.
À part pour mon égo, cela va de soi.
Dans les faits, pas grand-chose
si j’affrontais le tout à petites doses.
Bien que très révélateur sur la société en général,
ce bilan m’a tout de même fait du bien / du mal.
C’était, nonobstant mes propres prises de conscience,
au-delà de ma résilience,
très significatif de la grossophobie ambiante
et sur la pression qu’elle représente
pour les personnes en surpoids.
Incluant, d’ailleurs, celles qui ne le sont pas.
Comme si c’était une maladie contagieuse, Attention !
Pire: comme si c’était un défaut de fabrication
dont le problème surgira tôt ou tard
et, conséquemment, te mettra systématiquement à l’écart.
C’est ce que toi-même tu as appris à faire à autrui.
C’est comme ça, c’est la vie, que tu te dis.
Mais qu’est-ce qui se passe ?
Quels enjeux se cachent réellement derrière ce phénomène de masse ?
D’où vient cette peur viscérale
qui ronge l’épine dorsale
de la gent féminine,
qu’importe ses origines,
qu’elle soit dans la vingtaine,
dans la cinquantaine
ou entre les deux,
et ce quel que soit son milieu ?
Le culte de la maigreur
serait-il la cause de tous nos malheurs?
En ce qui me concerne, j’ai perdu plus de quarante kilos naturellement,
en à peine un an,
sans chirurgie ni médication.
Sans vraiment faire attention
à ce que mon corps exprimait.
Pourtant, plus ma santé se dégradait,
plus le commun des mortels me félicitait.
Des faits?
Dans les magasins, l’accueil est aussitôt devenu plus chaleureux.
Dans la rue, les passants m’offraient systématiquement des sourires radieux.
Comme si la société
m’accordait tout à coup davantage de crédibilité.
J’en suis donc venue à la conclusion
qu’au-delà de notre éducation,
l’avidité profite encore une fois
de notre désarroi.
Généralement, quelqu’un.e de corpulent
est conscient.e du jugement
qui le/la suit partout, constamment.
Quand il/elle mange en public, au restaurant,
quand il/elle s’assoit dans les transports en communs,
quand il/elle prend toute la place dans l’allée du magasin,
qu’il/elle porte des vêtements bizarres.
Généralement du noir
pour cacher ses formes.
Avoir l’air moins difforme, moins hors norme.
Pour la femme, la pression est décuplée
car on lui fait miroiter
que son bonheur
passera automatiquement par l’absolue maigreur.
Même si elle a ‘eu’ des enfants,
qu’elle est essoufflée/dépassée par son emploi du temps.
Peu importe ses défis,
elle doit impérativement continuer d’habiller ‘petit’.
Comment ?
Avec des régimes abrutissants, des coupe-faim, des suppléments
qui, en plus d’afficher des prix démesurés,
nuisent gravement à la santé.
La preuve en est qu’ils sont généralement retirés du marché
après seulement quelques années.
En bout de ligne, qui est content?
Celle qui s’est fait berner, ou le PDG qui a fait de l’argent ?
Le paradoxe est troublant,
car pour manger sainement,
il faut potentiellement se ruiner
et bien fouiller dans les allées.
Tous ces emballages douteux
aux slogans frauduleux…
Le sucre/le sel en surdose, le gras,
ces nombreux produits chimiques/dérivés qu’on ne connaît pas…
Pour se procurer ce type de produits,
c’est facile, il y en a partout et à bon prix.
Par contre, les prix des produits santé sont exagérés.
Résultat : mettre de la malbouffe sur la table
s’avère plus abordable.
Une certitude a alors jailli dans mon esprit
et mon malaise s’est agrandi :
le culte de la maigreur
est en réalité un leurre
uniquement destiné
à nous faire consommer.
En résumé, un bon lavage de cerveau,
suivi d’une campagne ‘anti-gros’.
Oui, c’est effectivement par des vérités détournées
et par le conditionnement forcé
au culte de la maigreur,
sous un régime de terreur et de potentiel déshonneur,
que la majorité des entreprises font du profit,
à nos dépens, quel qu’en soit le véritable prix,
tant pour les gens que pour l’environnement.
Tant que l’industrie en général fait de l’argent !
Donc, quand on me souligne que l’obésité
est un fléau pour la société,
ainsi qu’un désastre financier
pour notre système de santé,
je réponds qu’il serait réellement temps,
et je le dis sincèrement, c’est urgent,
de cesser d’accabler, de harceler
les personnes en condition d’embonpoint, de surpoids ou d’obésité.
À la place, retirons définitivement la malbouffe de notre société,
unanimement, en toute dignité,
afin de mettre toutes les chances de leur / notre côté.
Qu’en pensez-vous ?
Serait-ce si fou ?
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Amicalement,
Atlantide Larouche Desrochers
Écrivaine & Analyste de société


