FRANCHIR LA CINQUANTAINE – La tête haute comme une reine

Quelques mois avant de souligner ma cinquantième année,
mon monde personnel s’est écroulé.

Comme submergée par une vague scélérate
sur une mer pourtant plate
quelques secondes auparavant,
sans une once de vent,
je n’ai rien vu arriver ;
alors j’ai chaviré.

La débâcle a été légendaire, lunaire.
J’ai sincèrement maudit cet anniversaire !

Ma mère étant décédée
à l’âge prématuré de quarante-neuf ans,
j’avais toujours eu peur d’être destinée
au même triste événement.

C’était d’autant plus difficile
que j’étais moi aussi maman
et je ne voulais surtout pas que ma famille
traverse ce genre de tourment.

Ma mère a rejoint le ciel
de son plein gré, parce qu’elle l’a décidé.
Je ne voulais en aucun cas faire pareil,
mais, comme je l’ai dit plus tôt, mon monde venait de s’écrouler.

Séparation,
jugements…
Les sentiments d’échec et d’humiliation
étaient omniprésents.

Mon cœur a battu la chamade
plus d’une fois en me souvenant de moi, enfant,
et de ces magnifiques balades
au bord de la mer, avec toi, Maman.

Ton choix, quand tu me l’as imposé, m’a fait très mal ;
j’ai eu de la misère à te pardonner.
Au final,
j’ai fini par l’accepter.
Mais, pour l’amour de mes enfants,
de mon côté, je ne pouvais pas m’évader.

Je savais personnellement
dans quel abîme de souffrance ça les aurait plongés !

Alors, j’ai franchi bravement le cap
de la cinquantaine
et j’ai affronté l’étape
la tête haute, comme une reine.

Ce que j’ai trouvé libérateur,
définitivement, c’est d’accepter
le mot qui m’avait pourtant fait si peur :
cinquante, avec toutes ses nuances, tous ses degrés.

À vingt ans, j’avais traversé un océan
pour m’installer au Canada ;
maintenant, je pouvais bien traverser ce bref moment
sans en faire tout un plat.

Ça m’a pris quelques semaines pour intégrer
tous les avantages
de ma nouvelle réalité,
parce que j’étais coincée
entre deux étages.

C’est bien sûr la vie qui a décidé,
rien à voir avec l’âge !
Elle m’a tout simplement amenée
visiter de nouveaux paysages.

J’ai, du coup, rebâti un monde
plus solide que celui d’avant.
Oh ! ça ne s’est pas fait en un quart de seconde !
Évidemment que ça a pris du temps.
L’essentiel, je dirais, c’est que je me sente bien, ici et maintenant.

Et vous, comment avez-vous traversé cette étape ?
En êtes-vous parvenu.e au même constat que moi ?
Que c’est peut-être, finalement, la claque,
la plus efficace pour se recentrer sur soi !

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Amicalement,
Atlantide Larouche Desrochers
Écrivaine & Analyste de société