LE MILIEU COMMUNAUTAIRE – Guide pour mieux faire

Le milieu communautaire m'a déçue.
À part les individus
sincèrement investis,
j'y ai surtout rencontré du mépris.

À tous les niveaux,
de bas en haut.

Un peu comme l'hôpital qui se foutrait de la charité,
ou de ses usagers.

Le gouvernement lui verse un montant dérisoire,
et les fonds sont mal répartis dès le départ.
Non pas faute de bon vouloir
car beaucoup d'employé.e.s se donnent avec l'énergie du désespoir,
mais plutôt faute de structure, d'encadrement
dans le système et ses fondements.

Surtout, un manque flagrant de logique fondamentale
et conséquemment, l'échec en guise de résultat final.

En bout de ligne, c'est la population vulnérable qui en pâtit,
s'appauvrit et en paie le prix.

Écrire ou dire ça aujourd'hui
va encore m'attirer des ennuis,
mais je me suis dit:
Tant pis ! 
Mon objectif, ici,
c'est d'être honnête, peu importe le prix.

En premier lieu,
avant de critiquer le milieu,
j'aimerais souligner
que le personnel y est sous-payé.

Surtout considérant l'ampleur de ses tâches
et des reproches qu'on leur rabâche.
C'est le premier point à investiguer
et à régler.

Les acteurs-trices du milieu seraient davantage motivé.e.s,
et surtout moins stressé.e.s pour accueillir leurs invités / gérer leurs dossiers.
Leurs conditions de travail doivent être irréprochables,
parce qu'ils-elles ont impérativement besoin d'un environnement stable et équitable.

Mon second point, c'est que les usagères et usagers
y sont trop souvent maltraité.e.s.
C'est le point crucial,
celui qui me fait le plus mal.

Les exemples pullulent dans les journaux,
les dénonciations pleuvent sur les réseaux-sociaux.

Pourtant, très peu d'enquêtes sont menées.
Il faut généralement un drame pour nous réveiller
provisoirement.

Dans le fond, est-ce qu'on n'aimerait pas un peu ça, le sang?

J'ai observé ce milieu,
j'en fais l'aveu,
depuis ses deux côtés,
en toute lucidité / équité.

Ici, toutefois,
j'ai fait le choix
de n'évoquer
qu'un seul de mes deux paliers
de réflexion.

Déjà que mon texte est relativement long !

Mon premier regard,
ce fut donc celui du désespoir.
Je n'avais plus rien
et j'avais besoin d'aide, de soutien.
Mes enfants étaient très jeunes,
trop pour que je leur impose le jeûne,
pas plus que de vivre dans la rue.

J'avais, certes, des revenus,
mais ils n'étaient plus suffisants,
tout à coup, pour élever mes trois enfants.

Je venais de déménager
dans un nouveau quartier,
j'y avais trouvé un bel appartement,
avec une chambre pour chaque enfant.

Par-dessus le marché, j'y avais le droit à une subvention,
car j'avais emménagé dans une coopérative d'habitation.

Le rêve ultime ! Enfin un peu d'espoir.
Impossible d'y croire !

Et effectivement, il y avait un piège placé comme un couperet au-dessus de ma tête :
c'était, hélas, dans un district où l'opulence régnait en maître.

Un face-à-face désastreux
entre les plus nécessiteux
et l'étalage écrasant,
offusquant,
de la sur aisance matérielle.

Impossible de gravir l'échelle !

Vous voulez du concret ?
D'accord ! Commençons par les enfants, s'il-vous-plaît.

Deux familles habitent face-à-face;
la première vit dans une maison de première classe,
magnifique;
la seconde vit dans un appartement à loyer modique.

Les enfants du premier couple sont très bien habillés,
un budget mensuel spécifique y est consacré.
Ils mangent trois copieux repas par jour,
et ils ont déjà fait le tour
des attractions les plus phénoménales
de Montréal.

Les enfants d'en face, eux,
mangent peu,
surtout à la fin du mois 
quand maman ou papa
doit passer par la banque alimentaire
parce que la nourriture en magasin est trop chère.
Côté vestimentaire,
on s'arrange avec les vêtements usés de la grande sœur ou du grand-frère.
Et pour les distractions, ça se passe dans la ruelle, derrière,
à côté du réverbère quand vient le soir, pour avoir quand même un peu de lumière.

Avez-vous idée
du décalage de réalité qui va les opposer ?

C'est la même chose pour leurs parents.
Les deux familles vivent dans des mondes différents.
Voilà pourquoi, à mon sens, le milieu communautaire
peut et doit faire
une réelle différence
pour ceux et celles qui ont eu moins de chance.

Et vous, avez-vous déjà rencontré
un ou une de ces merveilleux-euses intervenant.e communautaires qui adorait son métier ?

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Amicalement,
Atlantide Larouche Desrochers
Écrivaine & Analyste de société